Moteurs Endurance

24h Moto de Spa : Xavier Simeon veut gagner 3 fois !

Notre champion du monde d’endurance Xavier Simeon est enthousiaste avec le retour de la compétition moto à Spa Francorchamps.

Les motos prennent 300 km/h dans la montée de Combes avant de freiner à 150 m du virage ! Leur accélération est plus impressionnante et mélodieuse que celle d’une Formule 1. Certains pilotes viennent du Moto GP. Du très haut niveau !

Le championnat du monde d’endurance moto est de retour à Francorchamps. Les 24H n’avaient plus eu lieu depuis 2003. Disputés d’abord à Zolder dès 1971 et puis à Francorchamps à partir de 1973, ils porteront durant cette période le nom de 24H de Liège. Ils s’appellent aujourd’hui 24H Spa EWC Motos. La vitesse des machines ayant évolué, le tracé spadois a dû s’adapter cet hiver pour accueillir le Championnat du Monde d’Endurance FIM EWC (Endurance World Championship)… et peut-être un jour le Moto GP !

Xavier Simeon avant les 24H Moto de Spa 2022

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Le champion du monde en titre est belge. Xavier Simeon pilotera la Suzuki d’usine numéro 1 de l’équipe de légende Yoshimura Suzuki Endurance Racing Team Motul. Il vient de remporter les 24H du Mans avec ses équipiers Gregg Black (un pilote anglais originaire de Derby vivant en France depuis sa tendre jeunesse et qui devrait prendre le départ à 13h) et Sylvain Guintoli (le pilote d’essai Suzuki en Moto GP). Ils sont les favoris face une concurrence très relevée avec la présence des usines Honda, BMW, Yamaha, Kawasaki et de calibres issus des Grand-Prix motos comme Randy de Puniet ou Mike di Meglio.

Spa il faut vraiment le respecter !

Xavier portera le numéro 1 au guidon de la Suzuki d’usine de l’équipe Yoshimura SERT Motul
Xavier portera le numéro 1 au guidon de la Suzuki d’usine de l’équipe Yoshimura SERT Motul Gérald Wery RTBF Sport

Mardi, entre deux runs pour valider la consommation d’essence, l’usure des pneus et les réglages de la moto, nous avons rencontré Xavier Simeon tout sourire !

Xavier, j’imagine que vous avez le sourire de revenir avec le championnat du monde à Francorchamps ?

"Ah oui carrément !"

Pourquoi ?

"Parce que Spa c’est Spa ! En tant que belge, pouvoir rouler ici c’est quelque chose de magique."

Qu’est-ce qu’il y a de magique à Francorchamps ?

"Les environs, le cadre, le fait de rouler sur un circuit aussi naturel, voilà Spa c’est Spa."

Alors évidemment on n’aborde pas un circuit de Spa comme on aborde un autre circuit à moto, non ?

"Non, Spa il faut vraiment le respecter ! Ça va très très vite ! Ça va être une course je pense avec beaucoup de suspens et de rebondissements."

Alors vous avez gagné récemment (les 24h du Mans), vous êtes champion du monde, vous pouvez gagner ici à Francorchamps ?

"On peut gagner mais il y a 24 heures à faire. La concurrence sera très très rude. 24 heures à faire et beaucoup de choses peuvent se passer."

Quand on est champion du monde, est-ce qu’on arrive sur une nouvelle saison, sur une course, avec un état d’esprit différent ?

"La pression est sur nos épaules. Je dirais qu’on a un peu plus de pression que nos adversaires. Mais voilà c’est une pression qui nous pousse vers le haut donc j’espère que ça nous poussera encore vers le haut cette fois-ci !"

Il faut gagner au moins trois fois !

Michel Simeon, le papa de Xavier, a remporté deux fois les 24h moto à Spa
Clin d’œil de Xavier sur son casque, une photo de son papa lorsqu’il a gagné à Spa !

Quelques pas autour du circuit nous ont permis d’apprécier à quel point les pilotes d’usine vont vraiment très vite ! Les motos développent environ 250cv. Elles sont équipées d’assistances électroniques à l’antipatinage (les sorties de virages et l’adhérence sont impressionnantes), au rétrogradage (freinage en glisse comme en Grand-Prix). Elles disposent aussi de plusieurs cartographies moteur pour notamment limiter la consommation d’essence.

"C’est parfois crucial de pouvoir couvrir un tour supplémentaire, nous explique Xavier Simeon. On a un témoin d’alerte sur le tableau de bord de la moto qui nous signale qu’il va falloir rentrer pour faire le plein. Si ce témoin s’aligne avant un point précis du circuit (souvent le raccordement de Stavelot), cela signifie qu’on peut faire encore un tour en changeant de cartographie moteur et en serrant les fesses pour ne pas tomber en panne d’essence et pousser la moto ! Si le témoin s’allume après, on doit rentrer immédiatement !"

Quel est le virage qui vous donne le plus de sensations ?

"Ah clairement le Raidillon !"

C’est vrai ? Ça s’aborde comment ?

"Il ne faut pas trop réfléchir avant de se lancer dedans et prier pour que ça passe à chaque fois !"

Et vos équipiers (ndlr : Gregg Black et Sylvain Guintoli) comment ils l’ont découvert ?

"Ah les premiers tours, ça les a un peu saisis ! Mais voilà, en tant que bons professionnels qu’ils sont, ils se sont adaptés."

Quels sont les principaux adversaires pour ce week-end ?

"Les mêmes que d’habitude, la Yamaha, la Kawa, la Honda et la BMW."

Le fait d’avoir eu votre papa qui a roulé et d’être venu le voir ici auparavant, ça doit jouer émotionnellement ?

"Non, ça n’a pas trop d’effet pour l’instant. Peut-être que ça viendra au fil des jours pendant la semaine. Mais là ça va. J’aborde cette course comme ma course à moi !"

Ou sur le podium peut-être ?

"Ah j’espère que je ferai la même chose que lui, vu qu’il a gagné deux fois et que mon objectif c’est de toujours faire mieux que lui, donc il faut gagner au moins trois fois !"

Son papa Michel Simeon fut pilote de Grand-Prix en 250c et 350cc. Il remportera également les 24H de Liège Motos en 1987 (avec Richard Hubin et Michel Simul) et en 1995 (avec Stéphane Mertens et Jean-Michel Mattioli) à deux reprises au guidon d’une Suzuki comme son fils Xavier (32 ans) aujourd’hui.

"L’endurance a beaucoup changé. A l’époque, on devait beaucoup plus économiser nos machines et on tournait en course à environ 3 secondes de notre meilleur temps aux qualifications, explique Michel Simeon. Aujourd’hui, ils tournent quasiment dans les mêmes chronos !"

L’histoire serait belle et belge dimanche après-midi si Xavier Simeon sabrait le champagne sur la plus haute marche du podium !

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